UNE ETOILE POUR LES ENFANTS



 

      

 


professeur, danseuse et chorégraphe,
se confie sur son engagement auprès des enfants.

 

 



 
C’est au tout nouveau centre culturel et artistique Elephant Panam que la rencontre a lieu, dans l’intimité et l’atmosphère feutrée d’un studio de danse.

Ce petit bout de femme brise les codes et les préjugés établis sur les danseuses. Brune aux grands yeux noirs et au teint halé, elle porte sa sensibilité à fleur de peau. L’artiste grandit à Pézenas. Son premier cours de danse, suivant la méthode Irène Popard, fut une révélation. Sa passion pour la danse contemporaine est liée selon elle au destin: « La danse m’a choisis » nous confie-elle. Dès sa plus tendre enfance l'artiste se sentait différente des autres, et possédait déjà une sensibilité artistique particulière.

La danse contemporaine et son travail au sein de divers compagnies lui ont permis de vivre de nombreuses expériences humaines et artistiques. Tout au long de son parcours, la chorégraphe a mêlé et fusionné les arts qui lui sont chers, tels que la danse, le théâtre, la musique, la photographie, les lettres… Pour Nathalie Gonzalez, la confrontation des arts est une source de richesse, de développement et d’ouverture d’esprit. Son travail est éclectique. Cette artiste passionnée a une approche de l’enseignement basée sur un échange profond avec l’élève et s’appuie sur sa capacité de création et d’imagination.


 

      
 


Entre la danse et l’enfance, le lien est ancestral, presque anthropologique. Le premier mode relationnel de l’individu est le mouvement. Pour s’exprimer un tout-petit utilisera le langage corporel. La chorégraphe Nathalie Gonzalez a choisi de consacrer la majeure partie de son travail à destination des enfants. Leur énergie, leur imagination, leur enthousiasme ainsi que leur spontanéité sont pour l’artiste une formidable source d’inspiration.

Le départ pour Paris à 19 ans, permet à Nathalie Gonzalez de concrétiser son rêve. Après une audition elle intègre le centre de formation Irène Popard. La danseuse est soutenue par sa famille mais les difficultés apparaissent au sein de l’école. « C’est un sale milieu », l'individu met en avant sa personne, est perpétuellement sujet à être critiqué, jugé sur son physique, sa façon de danser, d’enseigner. C'est un univers de femmes qui écrasent les autres pour atteindre leur but. Nathalie Gonzalez a travaillé pour elle, et non en fonction du regard et du jugement de l'autre. A 20 ans elle perd son frère aîné, elle affirme qu’: «il faut vivre pour l’autre, et donner. »

 

  

Être épanouie dans ses choix est un luxe selon l’artiste, mais vouloir faire de sa passion son métier n’est pas de tout repos. Cela demande beaucoup de travail, le corps est un outil et la souffrance physique peut parfois prendre le dessus. Nathalie a toujours travaillé dans le respect du corps et a su se préserver par de bons positionnements, pendant que d’autres s’acharnaient en quête de performance. Sa forme physique est la récompense de tout ce travail minutieux et millimétré. Dans le processus de création, l’artiste s’inspire de la vie, de la rue, du quotidien, d’un mot, d’un son, d’une image. Le contemporain est un langage du corps où l’individu exprime ses états d’âmes, ses émotions. Nathalie Gonzalez a voulu concilier des métiers très différents. Elle désirait à tout prix enseigner sa passion. Complète et épanouie, elle s’est révélée dans ce qui la faisait vibrer, avec ce sentiment d’avoir achevée son œuvre. Une carrière bien remplie en effet, à la fois enseignante, danseuse et chorégraphe, l’artiste a un parcours polyvalent.

Ses grands moments d’inspiration et de création surgirent lors d’ateliers pédagogiques et d’improvisation. La chorégraphe écrit un spectacle pour enfant en une heure et demi de temps. Baboli, un petit garçon venu d’Afrique, raconte ses voyages au public et fait rêver les enfants. L’œuvre est participative et les éveille à la découverte et au partage.
En 2003 : Nathalie fit une formation à la mairie de Paris et y rencontra une styliste désireuse de créer un projet avec des enfants Roms. Nathalie réalisa des chorégraphies, mélange de danse contemporaine et traditionnelle, pour promouvoir leur talent. Au lieu de mendier, la petite troupe se produit chaque dimanche. «Ces enfants savent très bien danser, ce mélange culturel et ce partage est enrichissant». Dans un premier temps il y eu l’incompréhension des familles, qui trouvaient la danse inutile, la qualifiaient de perte de temps, puis un dialogue s’est établit. Nathalie Gonzalez a toujours voulu «Donner du temps pour donner du temps ». Ses élèves la qualifient de «maman de la danse». L’artiste leur apporte la transmission d’un savoir, des responsabilités, les sensibilise à s’occuper de l’autre, à acquérir une indépendance. Plus qu’un cours de danse, Nathalie Gonzalez offre à ses élèves une philosophie de vie.

Perrine Mairré.

 

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